Le gouvernement ivoirien, par la voix de son porte-parole Amadou Coulibaly, a tenu à réaffirmer ce mercredi 30 juillet sa position officielle dans l’affaire du décès de l’influenceur burkinabè Christophe Alain Traoré, alias Alino Faso. Décédé dans sa cellule à l’École nationale de la gendarmerie d’Abidjan le 24 juillet dernier, le trentenaire était en détention préventive. Pour les autorités ivoiriennes, il s’agit d’un suicide.
« Les autorités s’en tiennent au communiqué du procureur », a déclaré M. Coulibaly à l’issue du Conseil des ministres, balayant ainsi toute hypothèse alternative. Le ministre de la Communication a également justifié le lieu de détention du défunt, en affirmant que l’École de la gendarmerie est souvent utilisée pour des raisons de sécurité : « Ce n’est pas la première personne qui aura séjourné à l’école de gendarmerie. Cela permet d’assurer leur sécurité essentiellement ».
Interpellé sur les demandes d’enquête indépendante émanant du Burkina Faso, le ministre a dénoncé ce qu’il considère comme une remise en cause de la justice ivoirienne : « Ce serait remettre en cause la transparence de nos institutions. La justice est indépendante. Le président de la République ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature ».
Concernant le rapatriement de la dépouille, Amadou Coulibaly a assuré que le ministère des Affaires étrangères prendra attache avec les autorités burkinabè pour organiser la suite des démarches.
De son côté, Ouagadougou ne partage pas cette version. Le gouvernement burkinabè, dans un communiqué en date du 28 juillet, a rejeté la thèse du suicide, évoquant plutôt « une disparition assimilable à un assassinat crapuleux ».
Par ailleurs, ce mercredi matin la coordination des organisations de la veille citoyenne ont manifesté devant l’ambassade de côte d’Ivoire à Ouagadougou pour réclamer la justice pour Alino Faso.
Face à la montée des tensions et aux nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, Amadou Coulibaly a conclu en exprimant ses regrets : « C’est un homme qui est mort. C’est une famille qui est impactée. Il est mort malheureusement dans les conditions que nous connaissons. Il s’est donné la mort … Nous sommes désolés pour ce décès»,
L’affaire Alino Faso continue de susciter une vive émotion des deux côtés de la frontière, entre incompréhension, colère et exigence de vérité.
CS Médias







