L’artiste burkinabè Issouf Manem Yam se serait vu interdire de se produire dans la commune de Port-Bouët, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à la suite de propos qu’il aurait tenus sur une télévision burkinabè. Une situation qui suscite des interrogations sur la place de l’artiste dans les conflits sociopolitiques. Dans une réflexion sur le sujet, Hervé David Honla analyse les choix auxquels les artistes sont confrontés lorsqu’ils doivent se positionner face aux enjeux politiques et sociaux.
Selon Hervé David Honla, deux options se présentent généralement aux artistes : assumer un engagement direct à travers des prises de position publiques ou privilégier une neutralité stratégique afin de préserver leur carrière et leur public.
Pour ceux qui choisissent l’engagement, la dénonciation des abus de pouvoir et la défense de certaines convictions peuvent faire d’eux des symboles de résistance. Toutefois, cette posture comporte des risques. Hervé David Honla estime qu’ils doivent tenir compte des contextes dans lesquels ils s’expriment et mesurer la portée de leurs déclarations, d’autant plus qu’à l’ère du numérique, les propos tenus publiquement peuvent rester accessibles pendant de longues années.
À l’inverse, les artistes qui optent pour la neutralité peuvent faire de leur art, notamment de la musique, un espace de rassemblement au-delà des clivages politiques. Cette approche leur permet de préserver leur public et d’éviter de fragiliser leur carrière en se mettant à dos une partie de leurs fans.
À travers cette réflexion, Hervé David Honla invite à s’interroger sur la responsabilité des artistes, leur liberté d’expression et les conséquences de leurs prises de position dans un environnement sociopolitique parfois sensible.
Il conclut en lançant cet appel : « C’est à vous de faire preuve de magnanimité ! »









