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Côte d’ivoire :  entre pression citoyenne, polémique politique, Sidiki Diabaté au coeur d’une grosse polémique

Le concert géant que l’artiste malien Sidiki Diabaté annonçait pour le 18 octobre 2025 au stade Félix-Houphouët-Boigny présenté comme un « hommage » au président Alassane Ouattara est officiellement donné pour annulé par plusieurs acteurs du show-biz ivoirien et des médias locaux, sur fond de vives contestations de la société civile. À l’heure où nous publions, aucun communiqué formel des autorités ou du staff de l’artiste n’a été rendu public, ce qui entretient un léger flou de procédure autour de la décision.

L’annoncé en mi-septembre, l’événement est confirmé publiquement pour le 18 octobre au FHB, avec un positionnement explicite en « hommage » au chef de l’État. Cette communication a immédiatement ravivé la polarisation politique à quelques semaines de la présidentielle prévue le 25 octobre.

La pétitions en ligne, tribunes et appels à l’annulation se multiplient, invoquant un « mépris » perçu envers les artistes ivoiriens et la crainte d’une récupération politique. Plusieurs pétitions circulent, dont certaines cumulent des centaines de signatures.

Le relais des personnalités publiques : des figures du milieu musical, au premier rang desquelles Debordo Leekunfa, annoncent publiquement que « le concert est annulé », saluant la réactivité des autorités et la mobilisation populaire. D’autres militants et chroniqueurs politiques appellent à la déprogrammation, estimant la date inopportune en pleine campagne.

Plusieurs sites d’info et pages influentes affirment que la décision d’annulation est actée. Des articles publiés du 20 au 22 septembre 2025 rapportent que l’événement « n’aura plus lieu », certains avançant même que la décision viendrait « des plus hautes autorités » ; toutefois, ces textes ne produisent pas de document administratif, et des médias rappellent qu’aucun écrit officiel n’a été diffusé au moment de leurs publications.

Selon ceux qui contestent, organiser un show d’« hommage » au président à un mois d’un scrutin hautement sensible est jugé « inflammable » par des militants qui craignent des tensions. Des pétitionnaires dénoncent un « mépris » supposé pour la scène locale et la nation ivoirienne, appelant à « stopper » l’événement. certains médias évoquent l’argument d’une sérénité publique à préserver un leitmotiv habituel des autorités lorsqu’un rassemblement devient polémique.

Du côté de l’entourage de Sidiki Diabaté, Diabatéba Music martelait encore récemment que le concert était bien confirmé comme pour couper court aux rumeurs. Par ailleurs, des prises de parole laissaient entendre que l’artiste cherchait à apaiser les esprits vis-à-vis de propos interprétés comme offensants, assurant son « respect » pour le public ivoirien. Ces signaux de conciliation n’ont toutefois pas endigué la vague d’opposition.

Fait saillant à ce stade, l’annulation est largement relayée par des personnalités et des médias ivoiriens ; c’est l’absence d’un communiqué formel qui laisse planer une ambiguïté purement administratives

Au-delà du cas d’espèce, l’affaire interroge la porosité entre culture et politique en période électorale. En Côte d’Ivoire, la scène musicale pèse dans l’opinion ; adosser un concert à une figure institutionnelle, à quelques semaines d’un scrutin, expose naturellement l’événement à une lecture politisée. Ici, la capacité de mobilisation citoyenne en ligne et hors ligne a contraint l’agenda culturel, même sans publication d’un arrêté formel.

 

CS Médias

 

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