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Burkina Faso vs Égypte : le paradoxe des stades pleins et vides

 

Quatre années de privation, et le 4-Août a retrouvé mardi, sa ferveur d’antan à l’occasion du match Burkina Faso Vs Egypte, comptant pour la 8e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Les Étalons étaient de retour à la maison, et les supporters burkinabè, telle une marée, ont envahi les gradins pour communier avec leur équipe. Un moment de ferveur, qui a rappelé que notre pays respire football, que ses enfants savent se lever quand la patrie leur fait appelle.

Mais derrière l’image flamboyante du stade plein à craquer, se cache une vérité très sombre. En effet, hormis les matchs des Etalons, le reste du temps, nos stades sont quasi vides. Le championnat national, qui constitue l’anti chambre de l’équipe fanion, se dispute dans une indifférence totale. Privés de ce souffle vital qu’est le public, nos clubs se débrouillent comme ils peuvent. Voilà le paradoxe. nous savons remplir le 4-Août pour les Étalons, mais nous tournons le dos à Rahimo, à l’USFA, à l’ASFA ou au RCK…

Pourtant, en football, les résultats ne s’engrangent pas par miracle. Une sélection nationale solide ne sort pas d’un chapeau. Elle se forge dans le temps avec des joueurs compétitifs, évoluant dans des championnats attractifs, des stades bouillants où l’on apprend à souffrir, à vaincre et à perdre. Si nous laissons donc notre championnat « mourir » à petit feu dans l’indifférence, demain, que restera-t-il à offrir aux Étalons ?

Certes, l’amour pour les Étalons est une affaire de patriotisme qui ne peut être comparée à celle des clubs. Mais des efforts peuvent être faits pour changer un peu la donne. À préciser que cette responsabilité n’incombe pas qu’ au seul public. Nos clubs doivent aussi se regarder dans le miroir : structures fragiles, organisation défaillante, manque d’attractivité et de spectacle. Comment convaincre le supporter de venir, si on ne lui offre ni qualité de jeu ni confort d’accueil ? Et que dire des infrastructures ? Les installations vieillissantes sont un repoussoir. Le 4-Août rénové a été un facteur dans cette mobilisation. Une preuve que des stades dignes attirent du monde.

L’heure est donc à la lucidité. Aimons certes nos Étalons, mais n’oublions pas aussi nos clubs. Mobilisons nous autour de Rahimo et de l’USFA qui s’apprêtent à défendre nos couleurs en compétitions africaines. Remplissons nos stades les week-end. Exigeons des dirigeants, plus de sérieux dans l’organisation et des autorités, plus d’investissements. Car, un football sans spectateurs est un football qui meurt debout.

Le 4-Août plein fut une fête, une victoire populaire. Mais le vrai défi commence maintenant : remplir tous les stades du pays. Sans clubs solides, pas d’Étalons solides. Et sans supporters, pas de football du tout.

CS Médias

 

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