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Subventions de l’Etat allouées au football burkinabè Un poison ou un levier de performances ?

 

Depuis la saison sportive 2016-2017, les clubs de première et deuxième divisions de football bénéficient d’un soutien financier de l’Etat burkinabè. Cette décision politique forte, a été saluée à l’époque comme une avancée historique pour le développement du football burkinabè. En effet, les clubs de première division reçoivent annuellement trente (30) millions de francs CFA dont quinze (15) millions octroyés par le ministère en charge des Sports et quinze (15) autres par la Fédération burkinabè de football (FBF). Ainsi, on peut dire sans risque de se tromper que le budget minimal d’un club de première division au Burkina Faso est de trente (30) millions de francs CFA.

Depuis la mise en œuvre de cette politique et malgré les difficultés et les divergences rencontrées( crise sur l’affaire de 25℅), les gouvernements successifs se sont investis pour son application effective. Et aujourd’hui, l’engagement personnel du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, montre clairement l’importance qu’il accorde au sport en général et le football en particulier. En effet, son implication personnelle a permis la revalorisation des récompenses lors de la dernière Coupe du Faso qui sont passées de dix (10) à vingt (20) millions pour le vainqueur, sept (07) à quinze (15) millions pour le finaliste malheureux et de quatre (04) à dix (10) millions pour le troisième. Ce qui traduit une volonté présidentielle claire de faire du football l’un des piliers du développement national. Autre innovation, le vainqueur du championnat national de première division empoche désormais douze (12) millions de F CFA.

Malgré ces efforts consentis par les politiques, fortement salués par les acteurs, les clubs burkinabè peinent toujours à sortir de la précarité. Et la subvention qui était vue comme un apport est devenue aujourd’hui la seule source de financement pour certains.

La rentabilité économique de la subvention.

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, la rentabilité d’une entreprise c’est sa capacité à générer des bénéfices à partir de ses investissements. Partant de cette définition, il faut qu’un club de première division soit à la fois champion et vainqueur de la Coupe du Faso pour satisfaire à cette règle. Ce qui revient mathématiquement à investir trente (30) millions pour engranger trente-deux (32) millions en fin de saison avec un gain de deux (02) millions de F CFA. Tout autre résultat que celui suscité est synonyme de perte économique.

Le paradoxe de la subvention !

Un club de première division par exemple investit au minimum trente (30) millions pour obtenir en retour douze (12) millions de F CFA si toutefois il est champion. Une perte économique de dix-huit (18) millions pour ce dernier. Ceci étant, un dirigeant de club rationnel peut choisir d’investir la subvention ailleurs que dans le football pour éviter l’irrationalité économique de la subvention à l’état actuel. Cet esprit rationnel du dirigeant d’investir la subvention ailleurs que dans les salaires des joueurs, pourrait expliquer les arriérés constatés dans de nombreux clubs de première division, qui se retrouvent dans une impasse au fil des ans.

Cependant, des pistes existent pour sortir de cette situation. Premièrement, conditionner la subvention à des critères de performances en fixant par exemple un quota de points à atteindre par chacun pour mériter la subvention la saison prochaine. Cette approche incitative pourrait révolutionner le système actuel en instaurant une saine concurrence et améliorer qualitativement le jeu. Deuxièmement, revoir significativement à la hausse le gain du champion national en le faisant passer par exemple de douze (12) à cinquante (50) millions. Cela va pousser le dirigeant rational à investir la totalité de la subvention dans le fonctionnement du club. Car, s’il est champion, il fait une rentabilité économique de vingt (20) millions.

La balle est donc dans le camp des décideurs

Le football est bien plus qu’un sport, il est un outil de développement et d’unité nationale. Les politiques doivent sérieusement se pencher sur la situation des clubs burkinabè afin que les subventions jouent son rôle de levier stratégique pour transformer le sport roi burkinabè en une véritable industrie.

Rédaction/ CS Médias

 

 

 

 

 

 

 

 

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