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Alino Faso : le trait d’union culturel entre Abidjan et Ouagadougou s’est éteint

 

Le Burkina Faso perd l’un de ses fervents artisans culturels. Alain Christophe Traoré, plus connu sous le nom Alino Faso, selon un communiqué du parquet d’Abidjan, a été retrouvé mort le jeudi 24 juillet 2025 dans sa cellule à l’École nationale de gendarmerie, où il était détenu depuis plus de six mois, sans procès.

Au-delà de la tragédie judiciaire, c’est un pilier de la culture contemporaine burkinabè qui vient de disparaître. Un homme de terrain, de lien, d’union.

Un bâtisseur de ponts culturels

Animateur, entrepreneur, philanthrope, Alino Faso était surtout un homme de culture. Son engagement s’étendait bien au-delà des micros et caméras. À travers ses événements, ses initiatives sociales et artistiques, il œuvrait à rapprocher les peuples. Le Premier ministre burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo, l’avait d’ailleurs surnommé « le trait d’union entre le peuple ivoirien et burkinabè ».

Installé entre Ouagadougou et Abidjan, Alino organisait régulièrement des événements culturels majeurs, dans lesquels il faisait venir des artistes burkinabè en Côte d’Ivoire, et vice versa. L’un des symboles forts de sa contribution reste sa collaboration avec Floby, le triple Kundé d’Or, mais aussi avec de nombreux autres talents, jeunes ou confirmés.

Par son dynamisme, il avait fait de la culture un outil de diplomatie populaire, un espace de fraternité et de valorisation des identités africaines.

Une détention controversée, une mort qui interroge

Le 10 janvier 2025, Alino est arrêté à Abidjan. Quelques jours plus tard, les autorités ivoiriennes confirment son incarcération, l’accusant de tentative de déstabilisation. Il ne sera jamais jugé. Durant six mois, ni sa famille ni l’ambassade burkinabè n’auront accès à lui.

Le 24 juillet, l’annonce de sa mort dans sa cellule bouleverse le pays. Le Gouvernement burkinabè, dans un communiqué officiel, condamne une disparition qu’il qualifie de « crime crapuleux », et rejette avec force la thèse du suicide avancée par les autorités ivoiriennes.

« Le Gouvernement du Burkina Faso exige la vérité, la justice, et le rapatriement immédiat du corps pour des obsèques dignes et nationales », lit-on dans le communiqué du 28 juillet.

Un homme de paix, de cœur et d’action

Alino Faso, c’était aussi une voix du peuple. Par ses actions sociales sur Facebook, il lançait des collectes pour les malades, aidait les familles dans le besoin, organisait des campagnes de dons bref, il portait l’altruisme en lui.

« Il a vécu utile pour son prochain et trouvé dans l’altruisme sa raison de vivre et de mourir afin de bâtir un monde plus fraternel », poursuit le Gouvernement burkinabè.

Un deuil national, une mémoire vivante

La mort d’Alino Faso est un choc national. Elle suscite colère, incompréhension et mobilisation. Mais au-delà du deuil, son engagement laisse une trace indélébile. Celle d’un homme de culture, de justice, de paix, qui rêvait d’une Afrique unie par ses arts et ses valeurs.

🕊 Adieu Alino Faso. Que ton œuvre survive. Le Burkina Faso ne t’oubliera pas.

Ousmane Zoungrana

CS MEDIAS

 

 

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