Le samedi 22 août 2026 restera comme une date particulière dans la carrière de Romaric W. Zoubga, alias « Le Monument ». Au Stade du 4-Août, en marge du Championnat national U20 et Senior 2026, le sprinteur burkinabè a annoncé la fin de sa carrière sportive. Après plus de dix années passées sur les pistes, le spécialiste du 100 m et du 200 m a choisi de ranger ses pointes, avec beaucoup d’émotion, devant le public sportif.
Cette décision marque la fin d’une aventure sportive, mais certainement pas celle de son histoire avec l’athlétisme. Car Romaric laisse derrière lui bien plus qu’un palmarès : il laisse une empreinte humaine et une génération qu’il a contribué à accompagner.

Son histoire commence véritablement en 2013, lorsqu’il est détecté par Bertrand Zoungrana à l’Université de Ouagadougou. L’athlétisme devient alors progressivement une véritable passion. En 2014, il commence à travailler avec Soungalo Sy Traoré et Relwendé Lassané Zongo, deux entraîneurs qui vont jouer un rôle important dans sa progression au sein du Moving Athletic Center (MAC). Un cadre qu’il considère encore aujourd’hui comme sa véritable maison sportive.
Sur la piste, Romaric s’est construit un joli palmarès. Vice-champion du Burkina sur 100 m en 2016, il devient champion national en 2018, avec un chrono de 10 s 82 électrique, avant de conserver son titre en 2019 en 10 s 90. Il retrouve encore le podium national en 2024, avec une deuxième place sur 100 m à Bobo-Dioulasso.

Son parcours dépasse également les frontières. En 2016, il est sélectionné pour le Tournoi de la Solidarité au Mali. En 2019, au Niger, il décroche la médaille de bronze sur 100 m et l’or avec le relais 4×100 m. En 2025, il obtient une nouvelle médaille de bronze au relais 4×100 m lors d’une compétition de la Région II au Ghana. En 2026, il participe encore au Meeting Gabriel Tiacoh en Côte d’Ivoire, preuve d’une longévité remarquable.

Côté performances personnelles, son meilleur temps sur 100 m reste 10 s 82 électrique, réalisé en 2018. Sur 200 m, il signe 22 s 52 en 2019, lors du Meeting international de la Ville de Ouagadougou. Il réalise également un chrono de 10 s 3 manuel en demi-finale en 2018.
Mais lorsqu’on parle de Romaric, ses entraîneurs insistent surtout sur l’homme derrière les performances. Soungalo Sy Traoré garde ainsi le souvenir d’un athlète particulièrement respectueux et discipliné : « Romaric est un athlète formidable et respectueux, qui passe son temps à suivre les instructions qu’on lui donne et qui respecte ses programmes d’entraînement. Je salue son parcours incontournable et respectueux pour la nouvelle génération. Grand merci à toi Romaric. »

Son autre entraîneur, Relwendé Lassané Zongo, met également en avant son hygiène de vie : « Romaric a une hygiène de vie incroyable. Il est discipliné et applique tout ce qu’on lui demande. C’est un jeune que j’ai connu depuis son arrivée en athlétisme. Aujourd’hui qu’il part, je salue vraiment son parcours exceptionnel. Même s’il n’a pas atteint le rêve olympique, on le félicite pour avoir essayé et d’avoir vu ce rêve se réaliser. »

Au fil des années, Romaric a cependant dépassé le simple statut de compétiteur. Pour de nombreux jeunes, il est devenu un grand frère, un conseiller et un guide. Aristide Nikiema, Abdoul Kader Ouédraogo, Junior Tamini, Ali Verte, Alan Sawadogo, Coulibaly Daouda, Marie Bognini ou encore Ingrid Yoda font partie de cette génération qui a pu bénéficier, d’une manière ou d’une autre, de son expérience et de ses conseils.
Et son soutien ne s’arrêtait pas aux paroles. Romaric s’est également distingué par sa générosité, notamment en offrant des paires de pointes à de jeunes athlètes. Un geste qui peut sembler simple, mais qui prend tout son sens dans un environnement où le coût du matériel constitue encore un véritable obstacle pour plusieurs sportifs.

« Romaric Zougba est un grand frère, un guide pour nous. Sa retraite nous fera plus mal, car il nous soutient sur tous les plans », témoigne Aristide Nikiema.
C’est aussi pour cette raison que son départ laisse un vide. Ceux qui l’ont côtoyé ne perdent pas seulement un ancien compétiteur, mais un repère. Le rêve olympique n’a certes pas été atteint, mais Romaric peut se retourner sur son parcours avec la satisfaction d’avoir longtemps défendu sa passion et d’avoir contribué à faire grandir ceux qui viennent après lui.

Ces dernières années, il a évolué sous les couleurs de l’USFA, avec laquelle il a poursuivi une partie importante de sa carrière. Mais le MAC reste profondément associé à son histoire, à ses débuts et à sa formation.
Au moment de tourner la page, Romaric n’oublie pas ceux qui l’ont accompagné. Il adresse ses remerciements à ses entraîneurs, à ses clubs et coéquipiers, à la Ligue d’athlétisme du Kadiogo, à la Fédération burkinabè d’athlétisme, ainsi qu’à l’ensemble du public sportif burkinabè.
Ranger les pointes ne signifie toutefois pas tourner définitivement le dos à l’athlétisme. Romaric entend rester proche de cette discipline qui a façonné une grande partie de sa vie et pourrait, dans les années à venir, embrasser une nouvelle aventure comme coach, afin de transmettre son expérience aux générations futures.

amedi, au Stade du 4-Août, le sprinteur a donc fait ses adieux à la compétition. Une page se tourne, avec forcément quelques larmes et beaucoup de souvenirs. Mais une autre pourrait bientôt s’ouvrir.
Romaric W. Zoubga « Le Monument » range les pointes. Il ne quitte pas l’athlétisme : il s’apprête simplement à passer le relais.
OUSMANE ZOUNGRANA










