un artiste a aussi besoin de se ressourcer pour mieux se réinventer”, Awa Sissao,artiste musicienne.

 

Quand on parle de musique , plus précisément de Afrobeat manding, un nom force respect et considération. Il s’agit de Awa Sissao, artiste musicienne burkinabè. Connue pour son talent et la captivité de votre voix, on a tous vibré au rythme de son titre “ Kanata”, sortie depuis de nombreuses années. Mais, l’artiste reigne par le silence depuis quelques temps et nous avons cherché à comprendre cela, ce samedi 1er novembre 2025, à Ouagadougou.

Awa Sissao, vous êtes une artiste musicienne Afrobeat manding connue pour votre talent scénique et la captivité de votre voix.

Après des années de carrière, voire plus de 20 ans je dirais, vous vous faites rare dans le milieu de Showbiz. Pourquoi ?

C’est vrai que je me fais un peu rare ces dernières années dû à plusieurs raisons . J’avoue ne pas communiquer assez aussi sur mes événements volontairement , mes voyages pour les festivals , les résidences artistiques , en gros mes activités .

Donc, c’est tout à fait normal que vous pensiez à un retrait . Sans compter les épreuves de la vie qui ne m’ont pas aussi fait de cadeau depuis pas mal d’années . Ça fait partie de la vie . Pour moi ce n’est pas un retrait en tant que tel , mais plutôt un temps de recul et de réflexion de méditation et j’ai vraiment besoin de ça .

Travailler sans faire de bruit. Je pense aussi qu’ en tant qu’ être humain, un artiste a aussi besoin de se ressourcer pour mieux se réinventer. De prendre du recul pour mieux sauter . Actuellement je travaille dur sur un projet que vous découvrirez bientôt . J’ai besoin de me concentrer sur la qualité de ma musique, sur mes projets qui ont du sens plutôt que d’être présente partout.

Parfois, le silence permet de mieux revenir. Il y a des périodes comme ça où il faut éviter le bruit autour de soi pour mieux se concentrer . En plus de tout ça, je suis une personne casanière ( rire ).

Après la sortie de votre dernier single en 2024, il n’y plus eu de nouveauté venant de Sissao. Est-ce par manque d’inspiration ?

Oh non, loin de là ! (rires) ces 2 dernières années j’ai sortie 2 single tout en duo avec Att dont la reprise de ma chanson ••pour toujours ••et le titre Burkina en hommage à nos dirigeants , tous les citoyens Burkinabé , nos FDS et nos VDP .

L’inspiration est toujours là, je ne manque jamais d’inspiration mais je crois que chaque œuvre aussi a besoin d’être mûrie . Je travaille actuellement même sur un autre projet en duo uniquement avec l’artiste Att. Un projet qui me tient à cœur et qui demande beaucoup de travail. Il faut juste prendre le temps de bien le faire, car je veux offrir quelque chose d’authentique et fort au public.

On entend souvent dire que les femmes artistes musiciennes sont souvent victimes de propositions indécentes. Est-ce une réalité ?

Malheureusement, oui, c’est une réalité que beaucoup de femmes artistes connaissent et rencontrent . D’ailleurs les propositions indécentes ne concernent pas seulement les femmes artistes musiciennes . Il faut beaucoup de caractère et de confiance en soi pour s’imposer sans se compromettre dans tous les métiers . Mais, je crois aussi que les choses évoluent, les femmes prennent plus de place et de pouvoir dans ce milieu. Il faut continuer à parler, à dénoncer, et surtout à montrer qu’on peut réussir par le talent et la persévérance.

Vous êtes l’une des rares artistes musiciennes que l’on connaît avec un époux. Cela force respect et considération.Quels conseils pour les jeunes musiciennes en ce qui concerne la gestion de leur vie privée ?

Je leur dirais de protéger leur intimité et leur vie privée . La dignité dune femme est sacrée . La musique, c’est un métier public, mais la vie privée doit rester un sanctuaire.

Ne jamais confondre les 2 . Il faut trouver un équilibre, savoir où s’arrête l’artiste et où commence la femme.

Personnellement à la maison loin des projecteurs , je suis la mère , l’épouse dévouée . Être entourée de personnes qui comprennent votre passion est essentiel. Et surtout, ne jamais sacrifier son bonheur personnel pour plaire à l’industrie. Avec une bonne organisation c’est pas impossible de joindre les 2 bouts . Juste avoir la tête sur les épaules et savoir réellement où on va . La musique est un métier comme tous les autres métiers . Faites beaucoup attention car la musique passe mais la famille reste .

A quoi ressemble une journée de Sissao loin des projecteurs ?

(sourire) Très simple ! Je suis à la maison avec les enfants . Les aider à se préparer pour l’école, faire la cuisine et les aider à faire leurs devoirs les soirs . J’aime réellement passer du temps à la maison, surtout à échanger avec les enfants sur la vie , répondre à leurs questions sur tout et rien , écouter de la musique, écrire, cuisiner parfois, et surtout composer. J’aime observer la vie, les gens, les émotions… et aussi même à la maison je continue d’aider les couples en difficulté.

Des gens que je ne connais ni d’Adam ni d’Ève qui me contactent pour des problèmes de couple . Tendre une oreille attentive à une personne en détresse que tu ne connais pas mais qui te fais confiance est très important .

Ça aussi c’est du boulot . Cela me prend également beaucoup de temps . D’autres diront que je suis coach mais non j’essaie juste d’aider avec des mots apaisants et amener chacun à connaître ses erreurs et sa place . Et tout cela nourrit mon inspiration. Quand je ne suis pas en studio, je me ressource auprès de ma famille.

Parmi autant de talents dans la nouvelle génération, pourquoi collaborer avec Amzy ?

Amzy, à porté son choix sur ma modeste personne par rapport au titre Burkina de son album. Lui seul sait pourquoi . J’en suis honoré et lui dis merci pour sa confiance et sa considération à mon égard . Il est un artiste que j’apprécie pour son authenticité et son énergie. Il représente bien cette nouvelle génération ambitieuse, mais aussi respectueuse des aînés.

Notre collaboration s’est faite naturellement, dans le respect et la passion pour la musique. Je crois beaucoup à la force des échanges entre générations.

En tant qu’ artiste musicienne, quel a été votre plus gros cachet ?

(rires) Je préfère ne pas donner de chiffres, mais disons que le plus important pour moi, ce n’est pas le montant, c’est la reconnaissance du travail. Quand un promoteur ou un public valorise ton art à sa juste valeur, c’est déjà un grand cachet du cœur.

Pensez-vous que la nouvelle génération à plus de chance de réussir leur carrière musicale avec l’avènement des réseaux sociaux ?

Oui, incontestablement. Les réseaux ont démocratisé la musique. Aujourd’hui, un artiste peut se faire connaître sans passer par les circuits traditionnels. Mais cela demande aussi plus de stratégie et de discipline. La visibilité ne remplace pas le talent bien sûr , elle le complète. Il faut savoir en faire bon usage. Sinon cela peut aussi bien détruire la carrière ou l’objectif visé de l’artiste .

Si vous pouviez changer quelque chose dans ce milieu, ce serait quoi

J’aimerais plus de solidarité et de respect entre artistes. Moins d’hypocrisie. Moins de rivalités, plus de collaborations. Et surtout, plus de soutien pour les femmes artistes. La musique africaine a tellement à offrir, mais il faut qu’on s’unisse pour grandir ensemble. C’est ensemble qu’on pourra atteindre nos objectifs .

Cs média

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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