Lutte traditionnelle : Tougan renoue avec son héritage et célèbre la résilience de toute une région

Du 21 au 22, la ville de Tougan, dans les régions du Sourou et du Bankui, a accueilli les phases éliminatoires zonales du championnat national de lutte traditionnelle. Une étape décisive qui a réuni des lutteurs venus compétir pour décrocher leur qualification à la phase finale prévue les 2, 3 et 4 du mois prochain à Ouagadougou.

Pendant deux jours, les arènes ont été le théâtre de combats intenses, marqués par un niveau technique élevé. Cette compétition a permis de mettre en lumière des talents confirmés et émergents, avec notamment des figures comme Drissa Zon chez les hommes… Rahinato Diallo chezles dames…, qui représenteront la région au niveau national.

Mais au-delà de l’enjeu sportif, l’événement a pris une dimension profondément symbolique. Dans une région marquée ces dernières années par une crise sécuritaire ayant fortement impacté les populations et isolé certaines localités comme Tougan, cette mobilisation exceptionnelle sonne comme un signal fort de retour à la vie normale.

Le Commandant Karim Souabo/ Parrain de la compétition

Présent en tant que parrain, le commandant Karim Souabo n’a pas caché sa satisfaction face à l’engouement populaire et à la portée de cette initiative. « Aujourd’hui, il existe une véritable volonté politique de promouvoir les sports traditionnels. Lorsque les organisateurs nous ont sollicités, nous n’avons pas hésité à accompagner cette initiative, qui vise à valoriser ces disciplines dans les différentes régions. Il est important de rappeler que notre région a traversé des moments particulièrement difficiles en raison de la crise sécuritaire liée au terrorisme. Dans ce contexte, cette compétition revêt une dimension symbolique forte : elle témoigne du retour progressif de la sécurité et de la réinstallation des populations. La forte mobilisation observée, notamment avec la participation de personnes venues de Ouagadougou, illustre clairement la résilience des populations et la reprise effective des activités sociales et culturelles. C’est pourquoi il est essentiel de soutenir ce type d’initiatives. Elles contribuent non seulement à consolider la paix, mais aussi à promouvoir notre riche patrimoine culturel et à redonner vie aux communautés locales. » a-t-il déclaré

De son côté, le président de la Fédération burkinabè de lutte Ousseni Kabré a salué la qualité exceptionnelle des affrontements et a mis en avant l’importance des phases zonales dans l’organisation du championnat. Il a affirmé :« C’est une compétition d’un niveau très élevé, marquée par des combats particulièrement intenses. Comme vous le savez, nous sommes actuellement dans les phases zonales, où chaque région organise ses éliminatoires. Les 2, 3 et 4 du mois prochain, nous nous retrouverons ici à Ouagadougou pour la phase finale du championnat national.

Au regard du spectacle que nous venons de vivre, nous lançons un appel à tous les amoureux de la lutte : sortez massivement, car le championnat national s’annonce exceptionnel, avec des combats de très haute qualité. » L’introduction de ces phases zonales apparaît comme une innovation majeure, permettant de structurer davantage la discipline et d’assurer une sélection plus compétitive à l’échelle nationale.

À Tougan, cette compétition n’a pas seulement permis de désigner des qualifiés. Elle a surtout ravivé une tradition profondément ancrée, renforcé le lien social et redonné espoir à des populations en quête de stabilité. Plus qu’un événement sportif, cette phase zonale s’impose ainsi comme un symbole de renaissance culturelle et de résilience collective.

 

CS Médias

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