Étalons : Madou Dossama pointe les manquements après le nul face à la Guinée-Bissau

Accrochés (1-1) par la Guinée-Bissau en match amical, les Étalons du Burkina Faso ont affiché un visage bien différent de leur large succès (5-0) quelques jours plus tôt. Entre manque de constance, ajustements tactiques et enseignements à tirer, cette rencontre met en lumière plusieurs axes de progression, comme l’analyse Madou Dossama.

D’entrée, le contraste est frappant. Là où les Étalons avaient imposé leur rythme et leur intensité lors de la première confrontation, ils ont cette fois-ci été bousculés, notamment dans l’entrejeu. Une situation que Madou Dossama résume sans détour : « les Étalons ont pris un coup de réalité contre la Guinée-Bissau : 1–1, mise en échec sur le plan footballistique, mais surtout un match-témoin pour le nouveau coach Amir Abdou ».En effet, ce changement de physionomie s’explique en grande partie par les choix opérés dans le onze de départ. En intégrant davantage de joueurs en phase de test, le staff a logiquement modifié les équilibres. « avec ce onze remanié, le coach a intégré davantage de jeunes et de joueurs en phase de test, avec moins de continuité dans le bloc central et sur les côtés, notamment sans Issa Kaboré », souligne-t-il.

Par conséquent, la cohésion collective s’en est ressentie. Moins de repères, moins de leaders habituels, et un collectif qui peine à retrouver la maturité affichée quelques jours plus tôt : « il y avait moins de leaders habituels sur le terrain, davantage de rotation que de cohésion, ce qui a fait perdre au collectif sa maturité de combat du premier match ». Toutefois, tout n’est pas à jeter dans cette prestation. Bien au contraire, certains signaux restent encourageants. À commencer par la capacité de réaction du groupe, illustrée par l’ouverture du score en fin de rencontre : « ce que je retiens de positif, c’est l’ouverture du score sur un temps fort ». Une réalisation signée Adamo Nagalo, sur une passe décisive de Dango Ouattara.

Dans la même dynamique, l’aspect mental est également à souligner. Malgré une première période compliquée, les Étalons ont su revenir avec de meilleures intentions : « il y a cette résilience mentale, le fait de se relancer après une première période difficile et de finir plus fort dans le match ».

Néanmoins, ces éléments positifs ne doivent pas masquer certaines lacunes observées. D’une part, les Burkinabè ont souvent été dominés dans l’impact et l’intensité au milieu de terrain : « je note plusieurs phases où les Bissau-Guinéens ont été supérieurs dans l’entrejeu, aussi bien physiquement que dans l’intensité ».

D’autre part, les insuffisances défensives restent préoccupantes, notamment sur phases arrêtées. L’égalisation concédée dans les dernières secondes en est l’illustration parfaite : « il y a un manque de sérénité dans notre organisation défensive, notamment sur le coup de pied arrêté de l’égalisation à la 95e minute, sur un ballon mal dégagé ».Dans le jeu courant, les difficultés persistent également. Manque de pressing coordonné, lenteur dans la récupération, déficit dans la lecture de la profondeur : autant d’aspects qui ont freiné la fluidité collective. « moins de pressing coordonné, une lecture de la profondeur insuffisante et un milieu de terrain trop lent à la récupération », détaille-t-il.

Madou Dossama/ex footballeur

Dès lors, l’exigence doit rester constante, quel que soit le contexte. S’appuyant sur les propos du sélectionneur Amir Abdou — « on est entré à 30–40 %, pas constants, pas sereins » —, Madou Dossama insiste : « on ne peut pas gérer un match avec moins d’exigence sous prétexte d’un large succès précédent ».Dans cette perspective, plusieurs axes de travail se dégagent clairement. Il s’agit notamment de renforcer la discipline sur les coups de pied arrêtés, d’améliorer la gestion des temps faibles et des temps forts, mais aussi d’apporter plus de verticalité dans le jeu offensif : « il faut réduire les touches inutiles et jouer plus vite vers l’avant ».

Enfin, au-delà des aspects tactiques et techniques, c’est bien la dimension mentale qui apparaît comme déterminante. « il faut construire une maturité collective pour éviter tout relâchement après une victoire large et maintenir l’exigence à chaque duel ». Au final, ce nul concédé dans les dernières secondes sonne moins comme un faux pas que comme un rappel à l’ordre. Un match révélateur, en somme, qui pourrait bien servir de socle de progression pour des Étalons encore en quête de constance et d’identité sous l’ère Amir Abdou.

Ousmane Zoungrana

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