Étalons : Ismaël Ganamé décrypte le pari Amir Abdou

 

La Fédération burkinabè de football (FBF) a mis fin aux incertitudes entourant l’encadrement technique des Étalons. Le vendredi 27 février 2026, le technicien franco-comorien Amir Abdou a été nommé sélectionneur national de l’équipe A, avec l’annonce officielle faite par la Fédération peu après. Connu pour sa rigueur et sa solide expérience du football africain, l’entraîneur de 53 ans hérite de la mission de redonner une dynamique positive à une sélection burkinabè en quête de stabilité et de résultats convaincants. Il remplace Brama Traoré, démis de ses fonctions en janvier dernier à l’issue de la CAN disputée au Maroc.

C’est dans ce contexte que le journaliste sportif Ismaël Ganamé, reconnu pour la pertinence de ses analyses sur Faso7, a livré son regard sur cette nomination.

« Je pense qu’Amir Abdou est le bon profil. C’est le profil d’un entraîneur déjà expérimenté qui a déjà eu des aventures avec les Comores et la Mauritanie », explique Ganamé. Selon lui, le technicien franco-comorien possède l’expérience nécessaire pour conduire une sélection nationale dans une phase de reconstruction.

Il rappelle notamment le travail réalisé aux Comores entre 2014 et 2022. « Du côté des Comores, il a réussi à restructurer une fédération et une équipe nationale qui n’en était pas une jusqu’à ce qu’il prenne la tête de cette sélection. Il y est resté huit ans. Donc, il a réussi à construire brique par brique, pièce par pièce, cette sélection-là pour l’amener en Coupe d’Afrique des Nations 2021 et la qualifier pour les huitièmes de finale au Cameroun. » Pour le journaliste, cela démontre qu’Abdou est « un bâtisseur, un constructeur ; un entraîneur qui est en mesure d’avoir des résultats avec des petites nations ».

Ismaël Ganamé/ Journaliste à Faso7

Ganamé estime que ce profil est adapté à la situation actuelle des Étalons. « Par rapport à cela, j’estime que dans sa conception du foot et d’une sélection nationale, il est en mesure d’apporter cet aspect-là aux Étalons. Car, comme on le dit, les Étalons sont dans une phase de construction — pas identique à celle qu’il a faite avec les Comores — mais nous sommes dans une phase où on a besoin d’un entraîneur qui puisse remettre le football au centre du projet. »

Il insiste également sur la nécessité de bâtir une sélection solide et méritocratique. « Il faut que la sélection se fasse sur la base du mérite et qu’elle soit construite de sorte qu’elle puisse d’abord se qualifier pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027, puis redevenir un candidat crédible à la victoire. L’idée n’est pas seulement de viser la CAN 2027, mais de se projeter sur le long terme. »

Toutefois, il nuance son analyse. « Le fait d’avoir réussi avec les Comores et la Mauritanie n’est pas un gage de réussite automatique avec les Étalons, car ce sont des contextes, des équipes et des sélections différentes. Ce qu’il y a aux Comores ou en Mauritanie, nous ne l’avons pas forcément au Burkina. Donc, le plus important pour moi sera sa faculté à s’adapter à cette nouvelle sélection qu’il va prendre en charge. »

Ganamé partage également ses préférences personnelles pour le poste, soulignant le sérieux de la sélection. « Mon podium était : James Kwesi Appiah, pour les mêmes raisons, car il a eu des résultats probants avec le Soudan ; Pascal Dupraz, pour le côté management et la force de son discours ; et Amir Abdou. Finalement, c’est Amir Abdou qui a été choisi et j’en suis heureux. Pour une fois, on a fait un choix par rapport aux qualités de coaching de l’entraîneur et, franchement, on n’a pas grand-chose à lui reprocher par rapport aux autres noms sur la liste. Il ne partait absolument pas dernier dans la hiérarchie des choix. »

La nomination d’Amir Abdou illustre la volonté de la Fédération de privilégier la construction et la méthodologie plutôt que le simple effet d’annonce. Le choix repose sur l’expérience africaine du technicien et sa capacité à adapter ses méthodes à un contexte différent. La réussite dépendra de sa faculté à instaurer une hiérarchie claire, à valoriser le mérite et à créer une cohésion durable au sein du groupe. Selon Ganamé, le cycle de restructuration nécessitera au minimum deux à trois ans, pour que les Étalons puissent consolider une identité de jeu et redevenir un candidat crédible sur le continent.

En conclusion, le pari sur Amir Abdou est lancé. Sa capacité à adapter son expérience aux spécificités burkinabè et à structurer une sélection compétitive sera déterminante. Si les conditions et le temps nécessaires lui sont accordés, les Étalons pourraient amorcer un cycle durable de stabilité et de succès sur le plan africain.

Ousmane Zoungrana/ CS Médias

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