Le monde d’aujourd’hui est secoué par des crises multiples, et dans ce tumulte, l’Occident brandit la démocratie et la liberté d’expression comme des valeurs universelles. Mais derrière ce vernis de principes, se cache une triste réalité. Ces libertés sont conditionnelles et servent avant tout à protéger les intérêts impérialistes.
Claudy Siar, ancien journaliste sur France 24 et RFI, en a fait l’amère expérience. Licencié pour avoir exprimé des opinions contraires à la ligne dominante, il témoigne d’une règle implicite : « j’ai été licencié il y a un an avec France 24 suite à mes propos. Et les choses sont très très mal engagées aujourd’hui pour moi avec RFI…En France, lorsque vous êtes noir, c’est ou vous restez à votre place, ou vous subissez les foudres. » Il n’est pas seul. De nombreux Africains dans les médias européens, comme Alain Foka, Franklin Nyamsi ou Nathalie Yamb, ont été réprimés, marginalisés ou même expulsés pour avoir osé penser autrement que ce que le système attendait.

Cette logique démontre que la démocratie occidentale n’est pas un idéal universel. Elle devient un outil de contrôle et de manipulation, où seules certaines voix, celles conformes aux intérêts dominants, sont valorisées. La liberté d’expression n’existe que dans les limites que dicte les impérialistes.
Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré résume cette vérité par une formule choc : « La démocratie tue. » Pour lui, ce modèle importé ne répond pas aux besoins réels des sociétés africaines. L’Afrique, confrontée à des défis sécuritaires, alimentaires, éducatifs et infrastructurels, ne peut se permettre d’appliquer un système conçu pour servir d’autres intérêts. L’ex président français François Mitterrand lui-même l’avait souligné à Dakar en 1991 : « La démocratie est un luxe pour l’Afrique. » Cette observation, longtemps controversée, prend aujourd’hui tout son sens face aux crises engendrées par l’imposition de modèles extérieurs.
L’histoire le confirme que les grandes nations occidentales ont connu des révolutions ou des transformations profondes avant d’instaurer la démocratie. La Révolution américaine (1775-1783), la Révolution française (1789-1799) ou la Révolution chinoise (1949) montrent que la démocratie est le résultat, et non le moteur, du développement. Aucun pays ne s’est construit en se contentant de suivre un modèle démocratique abstrait.
Les conséquences de l’application hâtive et mal adaptée de la démocratie en Afrique sont flagrantes. Des crises post-électorales se répètent après chaque scrutin, comme en Côte d’Ivoire, et la Libye, après la destitution de Muammar Kadhafi sous prétexte de promouvoir la démocratie, s’enfonce aujourd’hui dans le chaos, la pauvreté et la division. Ces situations illustrent parfaitement ce que le capitaine Traoré dénonce : la démocratie occidentale, lorsqu’elle est imposée, devient un facteur de désordre et de régression.

Dans ce contexte, le capitaine Traoré propose une alternative africaine basée sur une révolution progressive et populaire, adaptée aux réalités du Burkina Faso et aux besoins du continent. Sécurité, santé, éducation, infrastructures et cohésion sociale doivent primer. Les médias africains et les journalistes ont un rôle crucial qui est de soutenir l’intérêt national et ne pas se laisser dicter des modèles importés qui ne servent que les puissances étrangères.
Pour l’Afrique, il est temps de repenser la démocratie et la liberté d’expression selon ses propres valeurs et sa souveraineté. La voie du développement et de la liberté ne passera pas par l’imitation des standards occidentaux, mais par la construction de solutions endogènes, concrètes et durables. Le président du Faso a fait le constate dans la géopolitique africaine que la démocratie occidentale, telle qu’elle est appliquée, flatte d’un côté et opprime de l’autre. L’Afrique doit tracer sa propre route, ancrée dans le réel pour espérer des lendemains meilleurs
Moussa RAMDE/ CS Médias









