Le Burkina Faso jouera son avenir dans cette CAN 2025 lors de la dernière journée de la phase de groupes, le 31 décembre prochain face au Soudan. Battus 1-0 par l’Algérie lors de leur deuxième sortie, les Étalons n’ont désormais plus droit à l’erreur dans un groupe devenu extrêmement disputé.
Les hommes de BRAMA TRAORÉ avaient pourtant bien entamé la compétition avec une victoire arrachée 2-1 contre la Guinée équatoriale, dans les toutes dernières minutes d’un match longtemps indécis. Mais cette capacité à renverser les situations n’a pas suffi face à une solide équipe algérienne, plus réaliste et mieux organisée.
Après deux journées, le Burkina Faso occupe la deuxième place du groupe avec 3 points, à égalité avec le Soudan, vainqueur de la Guinée équatoriale (1-0). Cette dernière est d’ores et déjà éliminée avec 0 point. Tout se jouera donc lors d’un véritable match couperet entre Burkinabè et Soudanais.
Ancien international burkinabè, Madou Dossama a livré une analyse lucide de la situation et des ajustements nécessaires pour la suite de la compétition. Pour lui, le premier chantier concerne la composition de l’équipe.
Selon Dossama, le Burkina Faso doit impérativement présenter un onze plus équilibré et plus complémentaire. Le premier match a imposé un style de jeu basé sur la construction et la possession, un registre qui ne correspond pas totalement à l’ADN des Étalons, traditionnellement plus à l’aise dans un jeu direct, avec des contres rapides. Or, à ce niveau de compétition, bien défendre ne suffit plus : il faut aussi savoir produire du jeu, créer des décalages et imposer son rythme.
Cette difficulté s’est notamment traduite par l’isolement de Landry Kaboré, seul attaquant de pointe, trop peu servi dans de bonnes conditions. Le manque de verticalité et de passes vers l’avant a fortement limité son influence. Pour Dossama, la composition du trio du milieu de terrain doit être repensée afin d’apporter plus de créativité, de projection et de soutien offensif.
Les deux premiers matchs ont également révélé un Burkina Faso plus réactif que proactif. Courir après le score reste l’un des exercices les plus compliqués dans le football moderne. Cela a fonctionné de justesse contre la Guinée équatoriale, mais l’Algérie a su exploiter cette faiblesse. L’ancien international estime donc que les Étalons doivent chercher à prendre l’initiative, notamment dans l’animation offensive, qui doit être plus percutante et plus tranchante dans les trente derniers mètres.
Autre point clé soulevé par Dossama : les phases arrêtées. Coups francs et corners constituent des opportunités précieuses dans ce type de compétition, mais le Burkina Faso peine encore à les exploiter efficacement. Un secteur à améliorer rapidement avant le rendez-vous décisif.

Concernant le prochain adversaire, Madou Dossama se montre prudent. Le Soudan est avant tout un collectif solide, composé de joueurs qui évoluent ensemble depuis plusieurs années et qui affichent une grande discipline tactique. Leur victoire face à la Guinée équatoriale a confirmé leur ambition de jouer les trouble-fêtes dans ce groupe.
Les Étalons devront donc aborder cette rencontre avec beaucoup de sérieux, de concentration et d’efficacité. Sur le papier, le Soudan reste à la portée du Burkina Faso, mais la moindre erreur pourrait être fatale.
Malgré la pression et le contexte, Madou Dossama garde confiance. Il croit en la capacité des Étalons à se transcender lors de ce dernier match et à aller chercher une victoire synonyme de qualification.
Ousmane Zoungrana/ CS Médias









