Le jury d’appel de la CAF, présidé par la Nigerianne Roli Daïbo Harriman, a décidé mardi de transférer au Maroc le trophée de la CAN 2025, initialement remporté par le Sénégal le 18 janvier 2026. Cette décision, qui a bouleversé le monde du football africain, suscite de vives réactions. Pour Madou Dossama, ancien international burkinabè et consultant football, ce retrait soulève de sérieuses questions juridiques et éthiques et risque de ternir l’image du football continental.
Le retrait du trophée par la CAF a provoqué un véritable émoi sur le continent. À ce sujet, Madou Dossama, ancien international burkinabè et consultant pour CS Médias, a livré ses impressions. « La nouvelle est tombée hier comme un coup de tonnerre. Comme beaucoup, j’ai appris ce retrait avec surprise et je me suis posé de nombreuses questions. Nous avons quitté le terrain pour entrer dans un terrain juridique que je ne maîtrise pas entièrement, mais je peux d’ores et déjà dire que cette décision est une aberration », déclare-t-il.
Selon lui, retirer le trophée au Sénégal revient à traiter l’équipe comme si elle avait abandonné le match, alors que, selon l’article 32, il ne s’agit pas d’un refus définitif. « Le Sénégal a suivi le match jusqu’à la fin, sous la supervision de l’arbitre, et il n’y a donc ni abandon, ni forfait. »
Il ajoute que la procédure adoptée par la CAF manque de fondement matériel : « Aucune violation technique n’a été démontrée. Le Sénégal a déjà été sanctionné disciplinaire et pécuniairement pour son comportement, mais transformer ce match joué en un forfait relève d’une aberration. »
Madou Dossama s’interroge également sur l’étendue des pouvoirs de la CAF : « Est-ce que la CAF doit disposer de pouvoirs d’appréciation aussi larges ? Cette décision marque le début d’un feuilleton juridique. Le Sénégal pourrait saisir le Tribunal Arbitral du Sport pour défendre ses droits. Mais au-delà des procédures, est-ce que l’Afrique avait besoin de donner une telle image au monde ? »

Enfin, il conclut : « Le droit du sport ne peut pas accepter qu’un match joué sur le terrain soit transformé en forfait par une décision administrative. Le match a été validé par l’arbitre et ne peut être annulé de cette manière. C’est un avis partagé par beaucoup, mais aussi contesté par d’autres. Ce que je retiens, c’est que cette situation illustre un véritable capharnaüm que la CAF est en train de gérer. »
Cette affaire met en lumière les défis que rencontre le football africain en matière de gouvernance et de transparence. Elle rappelle l’importance de décisions justes et claires pour préserver la crédibilité des compétitions et l’image du continent. Comme le souligne Madou Dossama, le football africain doit tirer des leçons de cette situation afin que de tels épisodes ne ternissent pas son rayonnement sur la scène mondiale.
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