Après une campagne difficile à la CAN 2025, les Étalons du Burkina Faso ont été éliminés dès les huitièmes de finale, battus 3-0 par la Côte d’Ivoire. Une sortie décevante qui a conduit la Fédération burkinabè de football (FBF) à ne pas reconduire le sélectionneur Brama Traoré. Ancien international et vice-champion d’Afrique en 2013, Madi Panandétiguiri livre son analyse sur les raisons de cette contre-performance, la question de la stabilité, le profil du futur sélectionneur et le rôle qu’il peut jouer pour le développement du football burkinabè.
VOTRE APPRÉCIATION DE LA NON-RECONDUCTION DE BRAMA TRAORÉ PAR LA FBF, APRÈS VOTRE POSITION LORS DU DÉPART DE KAMOU MALO
Tout d’abord, je tiens à remercier le coach Brama Traoré pour tout le travail accompli avec la sélection nationale. Son début de mission a été compliqué, notamment en raison du contexte dans lequel il a pris l’équipe.

Il faut reconnaître qu’il paie la contre-performance des Étalons lors de la CAN, en particulier le match face à la Côte d’Ivoire, où l’équipe est passée à côté de son sujet. Dans ce genre de situation, c’est malheureusement très souvent le sélectionneur qui en subit les conséquences.
Le coach n’est cependant pas l’unique responsable. Lorsqu’on ne vit pas le quotidien du groupe, il est difficile de juger avec précision. Les résultats sont toujours la conséquence de plusieurs facteurs.
QU’EST-CE QUI N’A PAS MARCHÉ DU CÔTÉ DES ÉTALONS ?
Le manque de stabilité et l’absence d’un projet clair produisent toujours les mêmes effets. Tous les deux ans, on change de sélectionneur, on remet en cause les acquis et on repart sur un nouveau projet.
Si nous voulons faire partie des grandes nations de football, nous devons construire sur la durée, avec de jeunes joueurs talentueux encadrés par quelques anciens pour renforcer progressivement l’équipe.

EN 2013 VOUS ÉTIEZ VICE-CHAMPION D’AFRIQUE, QU’EST-CE QUI A ET LE VÉRITABLE FACTEUR DE CE PARCOURS ?
2013 n’était pas un accident de parcours. L’équipe était arrivée à maturité après plusieurs années d’apprentissage, de 2006 à 2012. Le groupe avait peu changé et s’est renforcé au fil du temps.
Paulo Duarte, arrivé en 2008, est resté quatre ans et a mis en place un véritable projet auquel les joueurs ont adhéré. Les deux CAN disputées sous sa direction nous ont permis d’identifier nos lacunes, ensuite corrigées avec Paul Put.
Même lors de ces CAN, nous n’avons pas été ridicules. Les buts encaissés provenaient souvent d’erreurs individuelles ou d’un manque de communication défensive.
QUEL A ÉTÉ LE RÔLE DE L’ÉTAT ET DU MINISTÈRE DES SPORTS DANS LES SUCCÈS PASSÉS ?
La fédération avait mis tous les moyens techniques et médicaux pour la préparation de la CAN 2013. Le rôle du ministre des Sports de l’époque a été déterminant. Le Ministre Jean Pierre Palm avait pris des dispositions en mettant l’équipe dans des meilleurs conditions et malheureusement il avait été changé suite au renouvellement du gouvernement en 2011 et Remplacé par le colonel Yac qui a continué sur la même lancée.

Aujourd’hui, je pense que le nouveau ministre des Sports est la personne qu’il faut. Ancienne sportive, elle connaît les réalités du terrain. La FBF et le ministère doivent travailler main dans la main pour assurer la stabilité, le progrès du football et surtout la formation des encadreurs et des entraîneurs.
QUI POUR REMPLACER BRAMA TRAORÉ À LA TÊTE DES ÉTALONS ?
Au niveau local, Kamou Malo mérite une nouvelle opportunité. Oscar Barro réalise un excellent travail avec les jeunes et possède de grandes compétences. Firme Sanou a également l’expérience nécessaire.
Je citerai aussi le duo Brahima Traoré et Mamadou Zongo, dit Bebeto, de véritables connaisseurs du vestiaire. Des jeunes entraîneurs comme Sampo effectuent également un travail intéressant.
Sur le plan international, le Burkina Faso ne devrait plus recruter un sélectionneur qui n’a pas, au minimum, atteint une demi-finale de CAN. Des profils comme Paul Put, Paulo Duarte, Aliou Cissé ou Hervé Renard répondent à ces exigences.
QUE PEUT APPORTER PNP À L’ÉQUIPE NATIONALE ?
PNP a déjà démontré ce qu’il pouvait apporter à l’équipe nationale, en collaboration avec le ministère des Sports et la FBF. Les conditions des joueurs se sont améliorées et sont devenues plus professionnelles. PNP était en quelque sorte le bouclier pour nos joueurs. Ils doivent être entourés d’anciens joueurs qui sont à leur service et à leur écoute, ceux-là étant là pour absorber la pression, et nous le faisions très bien.

Nous avons affronté la Belgique, alors numéro un mondial, ainsi que le Kosovo. Des projets de matchs contre la Russie et l’Angola ont également été proposés afin d’offrir aux Étalons des rencontres de haut niveau pour mieux préparer les grandes échéances internationales.
APRÈS CE PREMIER PASSAGE DE GROUPE PNP ET LA DIVERGENCES DE POSITION PENDANT LES ÉLECTIONS, PENSEZ VOUS QUE LA FBF PEUT VOUS FAIRE CONFIANCE À NOUVEAU ?
Il ne s’agissait pas d’une opposition personnelle, mais d’un débat d’idées, comme dans toute élection. Le football doit être un facteur d’unité et non de division.
Nous resterons toujours disponibles pour accompagner la FBF et le ministère, afin de contribuer au développement durable et à la pérennité du football burkinabè.
Merci
CS Médias









